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Archive for the ‘Adresses’ Category

Ces derniers temps ont été passablement languissants, mais le bout du tunnel est en vue !

Dès le premier jour de répit, j’ai pu investir l’énergie qui revenait de la meilleure manière qui soit : un déjeuner au jardin (celui d’un bed and breakfast de luxe cruellement situé à peu près à mi-chemin entre Zizi et le Framboisier doré) composé uniquement de desserts, auquel la toute gentille responsable des blogs et réseaux sociaux au sein de l’agence de RP anversoise  Oona (le graphisme du site vaut le coup d’œil) et où se sont retrouvés quelques-unes de mes habituelles complices de la blogosphère culinaire de Bruxelles et un nouveau venu de la lointaine Ardenne.

Très agréable moment à déguster des préparations raffinées du remarquable pâtissier Fabrice Collignon, (une critique de ses fameux macarons sur foodandfashion et une présentation en détail de ses recettes et de l’événement lui-même, bien plus belle et détaillée que tout ce que je pourrais vous faire sur HappyNess Factory) venu en personne présenter ses créations et faire le service de la boule de glace industrielle Carte d’Or (mais bon, il n’avait pas le choix, c’était le produit fourni par le sponsor de l’opération) censée les parachever.

Non moins remarquable, la sélection de vins de dessert effectuée par le sommelier Steve Bette, un mariage absolument parfait où chacun des goûts   de ces desserts complexes avait son répondant dans les arômes des nectars qui les accompagnaient. C’est dans une occasion comme celle-là qu’on apprécie l’importance du mariage vins et mets, et l’art difficile du sommelier !

Cependant, malgré la progression des saveurs du fruité léger (enfin, à condition de ne pas trop regarder le poids de beurre de l’onctueuse crème  de fraises sous sa gelée au basilic) au plus concentré en chocolat café et caramel, je n’ai guère été convaincu par le concept marketing du repas de desserts qu’on souhaitait nous « vendre ».

Certes, dans ces conditions quasi-idéales, avec des recettes aussi élaborées, c’est délicieux et un moyen de « faire original » comme l’ont voulu les restaurants new-yorkais qui ont lancé cette formule, et c’est une meilleure façon de se laisser aller à la tentation des saveurs sucrées que de s’alourdir en fin de repas en prenant de tout à un buffet de desserts.

Mais à l’échelle plus modeste envisagée par les stratèges marketing, celle d’un grand public qui n’est pas forcément prêt à se lancer dans des desserts élaborés, il me semble devoir fatalement induire la saturation du sucré (ou au contraire son appel irrésistible à toujours un peu plus), sans compter avec les difficultés prévisibles pour réunir des amateurs unanimement sans complexes de ligne ou autres régimes…

En revanche, il a réveillé l’envie d’associations « entre-deux », comme un sorbet à la tomate et au basilic, ou une crème anglaise au roquefort…

Et puis de refaire à ma façon cette recette inattendue de cari de pastèque prise sur le blog Bombay-Bruxelles, pas un dessert, justement, mais un plat complet qui utilise pour le meilleur le blanc de la pastèque, une partie du fruit qu’on jette habituellement, au goût peu prononcé mais à la texture agréablement croquante :

Cari de pastèque
Préparation 10 minutes
Cuisson 15 minutes
Se réchauffe très bien.

Ingrédients
1kg de pastèque
2 càs d’huile de tournesol ou autre huile neutre
1 càc de graines de moutarde
1 càc de graines de cumin
1 càc de curcuma
3 gousses d’ail écrasé au presse-ail
1 càc de piment d’Espelette moulu
15 feuilles de caloupilé fraîches (ça se trouve dans les épiceries indiennes sous le nom de curry leaves, mais j’adore le nom français !  Et ça se surgèle très bien)

Préparation
Couper la partie rouge de la pastèque en petits cubes.
En se servant d’une cuillère à pomme parisienne, faire des billes avec la partie blanche de la pastèque. (On peut aussi ajouter un peu plus de blanc conservé après avoir mangé du rouge cru à un autre repas ; et à défaut de cuillère parisienne, on peut aussi peler pour éliminer le vert et couper le blanc en petits morceaux, mais outre le raffinement qu’elle apporte à l’aspect du plat, la cuillère parisienne fait en fait gagner du temps.)
Récupérer tout le jus coulé pendant l’opération.
Faire chauffer l’huile.
Verser les graines de moutarde et quand elles éclatent ajouter les graines de cumin.
Incorporer le piment d’Espelette, le curcuma les feuilles de caloupilé et l’ail pressé. Remuer à la cuillère en bois jusqu’à ce que l’ail dore.
Ajouter le blanc de pastèque, le jus et un peu d’eau si nécessaire.
Cuire à couvert 5 minutes, ajouter le rouge et continuer la cuisson à feu doux pendant 10 minutes.
Servir sur un riz blanc.

Pour la recette originale d’Apolina, c’est ici !

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L’univers d’internet n’est pas que virtuel, il débouche aussi sur des rencontres chaleureuses en chair et en os (et en délices gustatifs…)

Il y a quelques mois, à l’occasion de la visite d’une famille amie de Corée, j’avais cherché  à actualiser mes connaissances sur la spécialité que je prévoyais de leur servir : le traditionnel poulet au vinaigre lyonnais et son non moins traditionnel gratin de cardons, légume tout à fait inconnu en Extrême-Orient, mais qui n’est pas non plus évident à trouver à Bruxelles.

C’est ainsi que j’ai abouti sur le site des Jardins de Pomone, une mine de renseignements sur tous ces légumes rares ou oubliés, leur culture et leur préparation, animé par Anne et José un couple de militants de la biodiversité en croisade contre la malbouffe.

Et parmi leurs liens vers des sites amis, un en particulier attire mon attention d’amateur de cuisine indienne, celui du site Bombay-Bruxelles, où je me suis empressé de tester plusieurs recettes totalement nouvelles pour moi malgré ma fréquentation assidue des livres de Madhur Jaffrey ou du site Mamta’s Kitchen, jusque là quasiment mes seules références, et d’en remercier son auteur, Apolina, qui à son tour signale mon existence à Anne et José, lesquels m’invitent à la réunion bruxelloise de blogueurs culinaires qu’ils organisaient hier dans un de leurs potagers aux portes de Bruxelles : la boucle est bouclée, le virtuel rejoint le réel, et j’ai ainsi pu faire la connaissance non seulement d’Anne et José ainsi que d’Apolina, mais aussi de quelques autres blogueurs venus de Bruxelles et de sa grande banlieue (celle qui s’étend de Paris à la Lorraine) et le cas échéant de leur petite famille :

Diane de Drôle2bouffe, les kamikazes de la spatule
Fabienne de Alice au pays des saveurs
Mark de Passion cuisine
Marielle de Les menus plaisirs de M&M
Myrtille (est-ce bien son prénom ?) de Chez Myrtille
Myriam de Chez Pupuce
Marion de Crumbles et Cassonade
Clémence de Les tentations culinaires de Clémence
Mari de La dînette de Mari
Damien du site 750 grammes (et d’autres encore, honte à moi de les avoir oubliés, signalez-les-moi, je rectifierai !)

La visite de cet extraordinaire potager, récupéré en trois mois de travail acharné sur un bout de terrain vague, m’a permis de découvrir des plantes que je ne connaissais que de nom comme la petite pimprenelle, voire pas du tout comme l’agastache anisée ou la ficoïde glaciale au surprenant goût de fruit de mer, de multiples variétés de basilic ou de sauge (une bouture d’une délicieuse sauge ananas entame son acclimatation à la maison), et a suscité des envies de culture – après tout, il suffit de quelques pots…

De les découvrir, mais aussi de les goûter sous forme de petites soupes froides, de tartelettes, de crème glacée, de rouleaux de printemps, voire de chantilly et de coulis dont ma tenue du jour conservera les marques aussi longtemps que ma mémoire…

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Par la fenêtre, je vois passer sous la neige qui tourbillonne au-dessus de l’Ill trois petits canards qui glissent sur l’eau comme si de rien n’était, pendant qu’une mouette virevolte au milieu de la bourrasque.

Pour mon retour le mois dernier à Strasbourg après plusieurs mois d’activités plus lointaines, le temps a beau être follement poétique, il ne se prête guère à la flânerie exploratrice. Les soirées seront donc consacrées à des valeurs sures, de ces endroits où je peux me rendre en pilotage automatique tant on a tendance à revenir vers le connu.

Donc mardi soir le « R », déjà largement décrit ici, donc inutile de m’étendre outre mesure sur ce lieu qui dissimule derrière une façade banale de la Grand’-rue (banale au point qu’on passe facilement devant cette vitrine anonyme sans s’en apercevoir) une déco agréablement branchouille et surtout des petites préparations aux combinaisons surprenantes, d’inspiration librement japonisante et associées selon des parcours de saveurs contrastées.

Et mercredi, à deux pas de la place Broglie, je retourne à « Une fleur des champs« , où je suis comme toujours accueilli avec une gentillesse confondante par le patron, Michel, un ancien financier reconverti dans la restauration bourlingueuse et biologique – à Tahiti, en Italie, et finalement à Strasbourg où il propose dans une grande salle paisible meublée avec simplicité de pin au naturel des plats pas tout à fait végétariens mais presque, avec une jolie place aux herbes et aux céréales, toujours sur un ton de douceur, de simplicité et de discrétion, à l’image de l’homme lui-même.

Cette fois-ci ce fut un bouillon aux légumes, avec une pincée de millet pour apporter une texture tendre et granuleuse et une touche de miso, sans autre intention exotique, juste pour la pointe de goût, et une énorme portion de beignets de légumes avec une salade verte. Le tout pour à peine 12€ par personne.

Outre le restaurant, « Une fleur des champs » est aussi une petite épicerie bio, avec pour l’essentiel des produits importés d’Italie (les anciens contacts de Michel, mais aussi quelques intéressants produits japonais et un peu d’huiles de massage et de produits de toilette à base d’ingrédients naturels : cette fois-ci, je rapporte dans mes bagages un sachet d’extrait de réglisse pur et du vinaigre d’umeboshi.

La première fois que j’y étais venu, seul, voici près de deux ans, il s’est trouvé que j’étais ce soir-là le seul client, et de ce que je lui ai raconté de mes diverses missions, Michel s’est formé de moi l’image d’un sauveur du monde, faisant voir la lumière aux dirigeants nord-coréens, promouvant la paix et l’harmonie, e tutti quanti.

Malgré tous mes efforts, je ne parviens pas à lui faire comprendre que je ne suis au mieux qu’un imposteur. Il persiste à m’idéaliser – et à me faire cadeau du dessert, alors laissons-le à son erreur !

Restaurant-épicerie « Une fleur des champs »
4, rue des Charpentiers
67000 Strasbourg
03 90 23 60 60

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